Bowling Ling !

Même si elle n’habite plus avec eux, elle si grande n’a jamais officiellement abandonné ses enfants qui, en rang d’oignons, regardent tous les trois la télévision la journée et se demandent parfois s’ils ne vivent pas une vie idéale comme dans un énorme sachet de bonbons. Leur mère est partie vivre très loin d’eux pour des raisons professionnelles selon la thèse officielle. Elle n’était pas la seule dans ce cas à fuir Notre-Ville pour trouver un emploi et cela faisait la joie des marchands de valises et des déménageurs. De nombreux parents s’éloignaient de leurs enfants, surtout quand ils étaient divorcés et que les enfants n’étaient plus en bas âge, bye, bye, bonne chance. Les enfants voyaient leurs parents lâcher la maison et, non seulement lâcher la maison, mais déserter la région et s’installer à des centaines, voire des milliers de kilomètres, bye, bye, tu sais qu’il existe l’application skype si pratique ?
Il n’y a pas de remède connu pour ça.
Le soir, quand elle rentre chez elle, elle s’allonge sur son lit, dans la pénombre et elle écoute de la space music, de la musique cosmique, en particulier stratosfear de Tangerine Dream, à en devenir marteau. Elle finit toujours par s’endormir mais jamais elle ne le regrette bien qu’elle se sente dans un état étrange quand elle ouvre les yeux et qu’il est minuit et que, poussée par la faim (elle a une tendance biscotte je suis à l’agonie), elle va manger une soupe et une bricole devant la télévision en se demandant ce qu’elle fait de sa vie en mâchant les nouilles instantanées chinoises lyophilisées et malgré les articles Découvrez ce qui se passe dans votre ventre après avoir mangé des nouilles instantanées
Parfois, elle se demande aussi si elle n’a pas renoncé à tout sans s’en apercevoir.
Elle boit un peu, elle téléphone à une amie, toujours la même (pas celle qui dit : « Le téléphone, tu sais, c’est bien, ça permet de moins voir les gens. »).
– Qu’est-ce que tu bois ?
– Campari, gin et martini. Tu crois que j’existe ?
Elle si grande a aussi adhéré quelques semaines à l’association des amies de Jocaste.
Elle habite à SIMULWAR, un quartier autrefois fermé et classé secret défense où l’armée s’entraînait au combat de rue. Quand les soldats sont partis l’endroit a été abandonné puis, peu à peu, des civils se sont installés (on y voit de jeunes banquiers foncer en trottinette ou vélo au design raffiné mais pratique au quotidien, personnalisable à volonté, qui existe dans une version qui peut s’enrouler sur elle-même, c’est commode).
Le quartier est surnommé par ses détracteurs : LE VALLON PAS FRAIS.
Sous la protection de Sainte Barbe.
Elle connaît très bien SAINTE BARBE, une Perse enfermée par son riche père, Dioscore, qui voulait la protéger des hommes et du christianisme dans une pièce avec deux fenêtres. Pendant que son père était en voyage, un prêtre rusé déguisé en médecin est venu la baptiser. De retour de voyage le père est furieux parce qu’il a constaté que Barbe avait percé une troisième fenêtre pour représenter la Trinité. Ah ! Cette Barbe ! Il s’énerve et la brûle un peu partout. Ensuite il lui coupe les seins et la tête. Là, il est foudroyé. Pour récupérer le corps les chrétiens ont demandé le corps de la barbare et c’est ainsi qu’elle est devenue Barbara et Barbe. Elle deviendra la patronne des architectes, des pompiers, des mineurs, des Ingénieurs des mines, des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, des artificiers, des métallurgistes, des démineurs, des égoutiers et de tous les professionnels liés au feu (dont probablement les cracheurs de feu). Elle est souvent représentée avec, entre autres, une palme, un livre, une tour à trois fenêtres, une plume de paon ou en train de fouler aux pieds son père.
Elle est toujours sensible aux gens qui souffrent.
Elle si grande est née en 1969, l’année où l’homme a marché sur la lune et inventé le jazz-rock, réalisé la première implantation d’un cœur artificiel et créé l’Arpanet à New-York, premier nœud de raccordement entre quatre ordinateurs considéré comme l’ancêtre d’Internet.
Depuis qu’il a marché sur la lune, l’homme n’a plus trop confiance en l’avenir. Dégoûté parce qu’il n’y avait pas grand-chose ? Terriblement déçu devant toute cette poussière ? Toutes ces nouilles lyophilisées pour ça ? Que s’est-il passé ce jour-là ? Bref. Depuis ce jour-là l’homme n’a plus trop confiance.
Elle si grande se répète RIEN N’EST DÉFINITIF. Elle a le don des propositions à la fois rassurantes et terrifiantes. VIVRE C’EST DISPARAÎTRE ou bien : Elle a peur d’être piégée par le bonheur. Et aussi : A certains moments, comme tout le monde, je n’ai rien à voir avec ce que je suis.
Elle a des alertes rouges. C’est alors une espèce d’alarme interne, à la façon d’un son d’ordinateur qui vous prévient d’une fausse manœuvre ou d’un danger, le genre de bruit que vous ne pouvez ignorer, même si vous êtes distrait, et qui s’accompagne souvent d’une image terrifiante stylisée ; par exemple une tête de mort, une bombe allumée, un éclair, une tête grimaçante.
Pour se remonter, elle aime pratiquer la dérive en bus de nuit. Elle s’assoit au fond d’un bus la nuit et elle se laisser emmener sur plusieurs parcours dont la douce baie des espèces.
Peut-être est-il temps de se reposer un peu ?
De cesser de sucer le noyau mental qui aggrave forcément sa situation comme le lui a répété le Dr Barnard, spécialiste des maladies sentimentales.
D’aller au BOWLING LING, boulevard Boule retrouver des amis ?
Mon dieu le Bowling Ling ! Ça part en sucette ! Ne cherche pas d’où ça vient !

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La cerise, la cerisaie et la fille très enviée

Tout le monde enviait cette fille depuis longtemps et voulait la connaître mais elle n’avait aucun ami, aucun, à part quelques amibes fidèles, discrets mais peu visibles à l’œil nu. Elle traversait le monde, souriante, attirante, mais tout glissait et rien ne tenait. Personne n’aurait pu le croire tellement elle semblait désirable, intelligente et à l’aise dans le monde.
Elle semblait faire avec application toutes les mises à jours, se tenir au courant, parler deux langues étrangères, surveiller son régime, sourire, avoir de la répartie.
Tout le monde la remarquait dans la rue et de loin. Dans une réunion, un repas, une fête elle ne passait jamais inaperçue, ce dont elle se serait souvent passée.
Comment une fille qui semblait tout contrôler, maîtriser, réussir, pouvait-elle souffrir d’une si grande solitude ? N’avait-elle pas un mari et deux enfants et une activité professionnelle enviable et réussie ?
Son frère reconnaît que leur mère (La Tarentule) était déjà une PULSION DE MORT VIVANTE – absolument inaccessible et incapable du moindre plaisir ou d’un simple laisser aller, une grande habituée des FORCES OBSCURES, à son insu. Plus intéressée par son passé que par les affaires immobilières. Sinon pourquoi, d’après son frère, se serait-elle intéressée à la Cerisaie de Tchekov, l’écrivain médecin, pièce que l’auteur russe a écrite à quarante quatre ans alors qu’il était en train de mourir de la tuberculose ? L’histoire : Une femme endettée, à cause d’un amant, revenant de Paris après cinq ans d’absence pourrait régler les dettes qu’elle a accumulées en vendant la Cerisaie, grande propriété, mais non, parce que ses souvenirs d’enfance, sa nostalgie, sa tristesse l’en empêchent et l’emportent.
Etait-ce en rapport avec leurs longues discussions entre frère et sœur au sujet de la vente de la maison familiale après la mort de la Tarentule ?
Il dit que sa sœur pourrait devenir folle sans que quelqu’un s’en aperçoive, dissimulée derrière un SOURIRE MORBIDE, qu’il juge morbide (mais qui est magnifique), et un talent certain (comme cet artiste écrivain qui s’est suicidé après avoir réussi absolument tout ce qu’il avait entrepris et dans tous les domaines), shootée depuis l’enfance au sourire de funérailles.
– Ma sœur habite une très grande ville, une immense mégapole mais au fond elle paraît prisonnière d’un trou perdu avec un cerisier. D’ailleurs elle avait aimé Le goût de la cerise d’Abbas Kiarostami.
Elle semblait chercher son ombre – elle toujours illuminée souriante – l’ombre incrustée dans le sourire.
Son mari et ses deux enfants semblaient ne pas la voir.
« Que Cendrillon épouse l’idiot, c’est trop fort, non ? »
Dans Le goût de la cerise elle connaissait par cœur le passage où l’employé du musée d’Histoire naturelle essaye d’empêcher le chauffeur de se suicider dans la nuit.

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Lisse mais lisse

Longtemps, s’il l’avait voulu un peu sérieusement, et sans publicité ni battage, il aurait suffi d’une annonce, d’un seul petit message bien senti, quelques lignes dans la nuit électrique, pour qu’il puisse donner des leçons d’indifférence aux si nombreux nerveux et agités que l’on trouvait à n’importe quelle heure du jour et de la nuit en train d’arpenter fantomatiques ou de traîner, mi saouls mi mélancoliques, dans Notre Ville qui est tout sauf discrète. Le bouche à oreille aurait suffi.
Il semblait n’avoir pas connu de sa vie une seule seconde d’euphorie mais sans jamais montrer la moindre tristesse ni le moindre regret. Il semblait juste tranquille.
Il y avait chez lui quelque chose qui ressemblait à une zone pavillonnaire climatisée, clôturée, proprette, claire et sans aspérité. C’était, pour qui se penchait sur son cas, à la fois rassurant comme un gendre lisse aussi terrifiant qu’un gendre vide (une balancelle dans les yeux).
Il pouvait se révéler déroutant à force de vouloir s’adapter et correspondre au modèle, à l’être légitime, sans aspérité ni éclat.
A l’aise partout.
L’été sa paire de Ray Ban le rendait encore plus complaisant – comme s’il se dissimulait derrière un visage de fiston idéal, en phase, au sourire dentifrice et professionnel (mis le matin, retiré le soir).
En même temps, s’il avait vécu dans un thriller, il aurait représenté à son insu le genre de personne que l’on soupçonne, dès le début du film, d’avoir commis quelque chose de grave et d’irréparable, d’être en cavale par exemple, d’avoir des secrets et des affaires cachées, une vie au passé chargée, plusieurs vies et vices mêmes, trop lustré et poli pour être honnête.
Il ne parlait jamais de lui. Même quand on l’interrogeait il parlait de vous.
Il savait esquiver avec adresse.
Jamais il n’aurait répondu : « Je ne suis pas là pour parler de mon passé. » Jamais. Non. Le refus frontal n’était pas son style. Au contraire il souriait et il pouvait parler. Mais sur son passé il pouvait parler longtemps pour ne rien dire, tout en maintenant l’attention de ses interlocuteurs.
Quel cachalot secret !
Il savait pratiquer le potin de façon admirable – il disait : « Le potinage est un calmant qui adoucit la vie. »
Il ressemblait par moments à un espion dormeur, en attente d’être activé.
Il ressemblait à ces hommes vides qui infestent le cœur et le sang des séries télévisées américaines.

Dexter, par exemple. Ou Mad Men (les publicitaires de Madison Avenue)

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Biographèmes dans la Tour Solitude (I)

Au dernier étage de la Tour Solitude, dans son studio à la grande baie vitrée, Laura Yun a deux activités principales. D’abord elle prépare ses lectures à des morts durant les veillées. La plupart du temps il s’agit de textes qu’elle choisit. D’autre part, souvent à la demande des mêmes familles, elle rédige de courtes notices à lire le jour des funérailles. Entre cinq et dix minutes, parfois plus.
Elle compose ces notices à partir des éléments biographiques que lui donne la famille mais aussi les amis et relations du défunt. A chaque fois c’est l’occasion de conversations et d’échanges obscurs, gênants et troublants, parfois labyrinthes et dont elle a dû mal à sortir. Il y a bien des détails scabreux et des contradictions. C’est parfois horrible mais souvent intéressant.
Un jour Laura Yun découvre ce que Roland Barthes écrit dans son livre « Sade, Fourier, Loyola ».
Si j’étais écrivain et mort, comme j’aimerais que ma vie se réduisît, par les soins d’un biographe amical et désinvolte, à quelques détails, à quelques goûts, à quelques inflexions, disons des « biographèmes » dont la distinction et la mobilité pourraient voyager hors de tout destin et venir toucher, à la manière des atomes épicuriens, quelque corps futur, promis à la même dispersion ; une vie « trouée », en somme.
Laura Yun décide alors qu’elle écrira de petits recueils de biographèmes pour les défunts. Des vies réduites à quelques détails, à quelques goûts, à quelques inflexions.
Pour commencer, sa première commande, elle a écrit les biographèmes de Monsieur D.G.
Quand DG est inquiet dans une soirée il bombarde les gens de questions de plus en plus précises, parfois de plus en plus gênantes, au point de perturber sans s’en rendre compte ses interlocuteurs et de provoquer parfois des réactions de rejet.
Longtemps DG a été un client mystère pour le compte d’une société qui l’envoyait voyager pour tester les services des agences de voyages et surtout les hôtels. Il devait rapporter de ces voyages sur commandes, récits, commentaires et photographies sur les lieux visités. Il rédigeait des rapports et remplissait des grilles d’appréciations pour tous les services d’un hôtel par exemple.
Il voyageait anonyme et seul dans le monde entier et sa grande silhouette avait l’habitude de la solitude et des aéroports.
Il était lucide et un peu cynique et disait que pour l’amitié, il y avait les réseaux sociaux.
Tous ceux qui l’ont connu de retour du bout du monde ne le reconnaissaient plus, tellement les voyages semblaient lui donner de l’énergie et le métamorphoser. Puis il a commencé de donner l’impression de tourner en rond.
Il a écrit quelques romans.
A la retraite, il s’est aussi beaucoup donné pour la littérature, allant de ville en ville, de département en département, de salon en salon, de fête en fête, de lecture en entretiens, de signatures en buffets, d’apéritifs en allocutions, de prix en ateliers. La majorité des écrivains de salon étant retraités il finissait toujours par y retrouver de vieilles connaissances.
Il aimait citer et boire. Il rappelait comment son grand-père s’émerveillait devant le film Les lanciers du Bengale.
Il s’intéressait à tant de choses que personne ne pouvait vraiment le suivre et il semblait bondir de pays en sujets.
Dans un film du photographe Antoine d’Agatha (Atlas) il avait retenu la phrase d’une fille prostituée : « Ici on enterre les morts et on baise les vivants. »
Il détestait les cadres surchargés autour des tableaux de Manet dont la volonté de simplicité était évidente. Il ne manquait pas une occasion de rappeler que la fin de vie de Manet avait été entièrement consacrée aux fleurs.
Il se plaignait de l’esclavage généralisé.
Il aimait les portraits d’hommes et de femmes tristes. Un jour, sa supérieure hiérarchique (qui l’envoyait voyager pour tester les hôtels Excellence de la Patagonie jusqu’à Shanghai) le lui avait reproché.
– Pourquoi tous ces visages tristes que vous collectionnez ??
Il riait que l’expression « Foutez le bordel » soit devenu un mot d’ordre.
Un de ses amis de salon littéraire avait porté son premier manuscrit de Montpellier à Paris en mobylette bleue à dix neuf ans et à soixante et dix ans il le racontait encore hilare dans chaque salon littéraire.
Pour lui, 1960, c’est l’année où Hantaï inaugure le pliage comme méthode.
Longtemps il a pris le bus 27, rue Claude Bernard, jusqu’à Tolbiac-Patay.
Il s’étonnait qu’un de ses amis puisse affirmer ne pas avoir réussi à parler à sa femme pendant deux ans parce qu’il n’était pas arrivé à lui couper la parole (elle préparait une performance).

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Comme une huitre

Depuis qu’il est de retour dans Notre Ville et habite la Tour Solitude, il a encore des envies d’aéroports, de gares, de disparitions, de temps en temps, mais il essaye de ne pas replonger de l’autre côté de Continuer la lecture

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Le brouillard augmente la réalité

Ce chercheur va souvent vivre (il appelle cela vivre) en montagne l’hiver, dans un endroit totalement encaissé parce qu’il aime le brouillard, les journées courtes, l’obscurité, l’isolement, le bruit feutré et taciturne de la neige, les cheminées qui Continuer la lecture

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Marie-Jeanne s´est jetée du pont de la Garonne

Tous les jours de la semaine cet homme discret va boire du café au buffet de la gare mais n’achète jamais de billet ni ne monte dans le train parce qu’il se rend dans cet endroit seulement pour en apprécier l’ambiance détachée et la sensation de Continuer la lecture

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La politesse pour cacher l’inquiétude

Cet homme vient doucement du nord de l’Angleterre comme s’il descendait d’un pays perdu et inaccessible. Durant des années il n’a connu que la pluie froide, les briques noires, Continuer la lecture

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Bienvenue à la maison, Welcome home

Il habite non loin du port, non loin de la Tour Solitude et la nuit, pour lui rappeler son enfance, il ne lui reste que les oiseaux de mer qui pleurent et Continuer la lecture

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Tourisme intérieur

Elle a plusieurs symptômes d’une femme de mélodrame en noir et blanc courant sur les écrans agités par le vent lors des projections en plein air. Elle a tout : la musique, le regard exorbité, les paroles saccadées. Sans parler du vent puissant venu de Continuer la lecture

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Exploratrice de buée

A la façon d’une bête noire, féline et transparente, une chose impalpable qui ressemblait à de la nuit (mais un peu plus épaisse) était tombée très vite et nous avait surpris alors que nous étions encore sur les bords de la ville, entre le fleuve et la mer, à l’heure où commençaient de sortir les premiers nightwalkers (marcheurs de nuit) et que Continuer la lecture

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Escort man

Son métier consiste à déjeuner avec des femmes de passage, en déplacement professionnel la plupart du temps, d’animer des conversations mais surtout de beaucoup écouter pendant qu’il a la bouche pleine. Un professionnel pour hocher Continuer la lecture

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Sourire inquiétant, travers les siècles

Très près l’un l’autre ils se sont regardés un long moment sans parler et ont fini par avouer qu’ils avaient connu des jours plus forts dans la deuxième partie du Continuer la lecture

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Les meilleurs moments de notre vie

Enregistrer sa vie entière est devenu non seulement possible mais à la mode, même s’il est matériellement impossible de la revoir en entier. C’est la raison du succès des Continuer la lecture

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Enregistrer notre vie, la regarder plus tard

Vous vous protégez tant et de façon si obsessionnelle, si régulière et soutenue, que vous finissez par vous affaiblir. Sans vous en rendre compte, vous vivez de moins en moins en espérant vivre plus Continuer la lecture

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Pauvre Eleanor!

Il n’y avait nulle logique dans ces longs et tortueux parcours dans la ville, entre la baie des affaires classées, la falaise aux parapluies retournées et le Pico Pico, pas de sens non plus.
Tout semblait permis. Continuer la lecture

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Tables tournantes au Pico Pico

Plus personne ne peut nier l’existence des tables tournantes, les tables tournent au Pico Pico et leur vitesse n’est guère contrôlable, les fantômes circulent et leurs propos touchent tous les publics, on entend les voix de Nijinski le danseur et Tarkos le poète.
– Je ne vais pas penser ce que tout le monde pense, je ne peux pas, c’est trop difficile, je ne peux pas y arriver, Continuer la lecture

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Tu veux lire ou gagner du temps ?

L’archiviste peut parler des soirées entières des fantômes qu’il fréquente chaque jour et de l’hanthologie de Jacques Derrida qu’il tient souvent sous le bras. Avec lui j’apprends beaucoup. Il est si ténébreux quand Continuer la lecture

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DJ de l’ombre

D’après la plupart des experts de Notre Ville, on reconnaît souvent un extraterrestre à ce qu’il lui arrive de dire d’une façon assez innocente :
– Ecoutez, je comprends la situation, je ne suis pas un extraterrestre.
Cela crée tout de suite une Continuer la lecture

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Jusqu’à ce que le ciel blanchisse

Comment savoir ce qui se passait exactement entre les branches et les feuilles et comment les arbres communiquaient entre eux et quelle était la nature de leur conversation ? Les arbres sont si bavards les jours de vent et peu Continuer la lecture

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La dernière danse

Depuis le rock’n roll au milieu du XXème siècle, quoiqu’on danse, quoiqu’on pense, quoiqu’on écoute ou boive, il n’y a pas vraiment eu de nouvelles danses et ce n’est probablement pas un hasard ni un destin. C’est peut-être même Continuer la lecture

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Qu’est-ce que tu veux ?

Les services de la mairie enquêtent et proposent une interrogation prétendument majeure (selon les experts de l’observatoire de la santé mentale) en demandant aux habitants de travailler le plus tôt possible et de façon assidue partout dans la ville à la question : « Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que vous voulez ? »
– Et toi qu’est-ce que tu veux exactement ? Continuer la lecture

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Effets des plans sur les vies

Les oiseaux de mer planent au-dessus de son immeuble et la fille du studio se demande si c’est bien normal, naturel, que ces dizaines d’oiseaux tournent en rond en poussant ces cris, pour on ne sait quel message. Il y a bien d’autres immeubles que le sien dans la ville et elle s’interroge sur les raisons de leur choix Continuer la lecture

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Triste comme une mouche en hiver

A l’entrée du Pico Pico (le grand complexe aux centaines de bars) on pouvait lire quelques phrases de Michelet sur les cafés. On y apprenait que le XVIIème siècle avait surtout connu le tabac et l’alcool tandis qu’au XVIIIème siècle c’est le café qu’a fait un tabac. Continuer la lecture

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Conversations au Pico Pico

Le jour le plus froid de l’année des pêcheurs ont marché sur la mer glacée dans la baie aux affaires classées, cela ne s’était pas vu depuis le siècle dernier et des centaines de téléphones tenus à bout de bras ont filmé la scène digne d’un tableau hollandais. Certaines épaves squattées Continuer la lecture

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Dragon

La lumière dans les villes devrait réduire la peur. Elle devrait. Elle devrait rendre superflus le gros 4×4 ou la voiture passe-partout pour se camoufler dans la jungle, la lumière devrait pouvoir Continuer la lecture

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Tendre est le vigile

Le client de la chambre 126 a un avis sur tout, cela se pratique volontiers. Sur chaque sujet il a quelques pensées, parfois de la taille d’un bikini mais cela lui suffit pour ne pas être indécent quand il rencontre d’autres amis qui veulent échanger et savoir s’il aime ou non. C’est un homme adapté. Un homme fluide. Il se coule dans Continuer la lecture

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Nous, espions.

Foule en effervescence lors d’un débat au Pico Pico ayant pour thème : « Seuls les paranoïaques s’en sortiront vivants, mais les obsessionnels ont leurs chances. » Continuer la lecture

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Existences. (9ème partie et fin) La Lande

(Précédemment : Après des années comme famille témoin pour un promoteur-constructeur, un couple trouve un emploi dans un laboratoire spécialisé dans les missions scientifiques de longues durées à bord de vaisseaux spatiaux.)
L’indifférence peut terrifier les plus sensibles. Faut-il se protéger à Continuer la lecture

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Existences. (8ème partie) Le Laboratoire II.

(Précédemment : Après des années comme famille témoin pour un promoteur-constructeur, un couple trouve un emploi dans un laboratoire spécialisé dans les missions scientifiques de longues durées à bord de vaisseaux spatiaux.)
Durant ces tests dans le laboratoire, le couple connait – il faut l’avouer – un grand nombre de difficultés physiologiques et en particulier Continuer la lecture

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