En file indienne vers rien

Je vois ces vieillards penchés sur leur téléphone avec tant d’application(s) sans savoir s’ils arriveront à se redresser.
Quand je m’approche d’eux, doucement pour ne pas les effrayer, le plus souvent je m’aperçois qu’ils jouent à un jeu de petits lapins de toutes les couleurs qui sautillent sur l’écran de leur téléphone et alors qu’ils sautillent, les petits lapins, on entend une musique très joueuse, distrayante, amusante, enfin, surtout pour les enfants de quatre ans qu’ils sont en train de redevenir (plus mentalement que physiquement).
Tous ces vieillards penchés sur leur téléphone ne relèveraient la tête pour rien au monde.
Même si l’eau montait dans le bateau, même si le commandant ordonnait l’évacuation, ils ne bougeraient pas et ne quitteraient pas les petits lapins de toutes les couleurs qui sautillent et qui, en sautillant, provoquent des notes de musique pour réjouir leur nouvelle vie.

Est-ce que je dois tous les shooter, les flinguer ces petits lapins, un par un, si je veux progresser dans ce jeu et monter sur le podium des meilleurs joueurs et entendre la sonnerie des vainqueurs et voir les blanches colombes virevolter dans un ciel d’un bleu acier ?
Ou bien est-il préférable que je me cache dans le fond d’un magasin de bonbons aux citrouilles en papier et masques de tueur hurlants, sous une table de mon enfance, pour échapper à un de ces joueurs acharnés qui me poursuit ?
Cette option (au fond du magasin sous une table d’enfance) me permettrait d’écouter peut-être Shakespeare déclarer qu’en matière sexuelle l’alcool provoque toujours le désir mais entrave l’action.
C’est un dernier des sujets au Pico Pico : l’alcool provoque le désir mais entrave l’action.

En allant au Pico Pico, cela me permettrait par la même occasion d’assister à une exposition, une reconstitution d’exposition sur les Pink Floyd qui avait eu lieu au Victoria and Albert museum, il y a quelques années. Très piquant de voir des foules visiter l’exposition à la queue leu leu avec un casque sur la tête qui leur diffusait dans le crâne : We don’t need no education. (Nous n’avons pas besoin d’éducation).
Et c’est ainsi que nous avançons en file indienne vers rien.

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En lien avec l’histoire sauvage, une pièce radiophonique : Souffrir à ST Tropez.

L’émission en deux parties
première partie :

deuxième partie :

Réalisation Jean-Matthieu Zahnd
Conseillère littéraire Caroline Ouazana

A 70 ans Jeanne Bregman a sauvé un pré-adolescent de la noyade. En guise de récompense, les parents de l’enfant (M. et Mme Merchant-Cazale) offrent à Jeanne Bregman quelques semaines à Saint-Tropez dans leur villa.
A la Pampanita, commence alors un séjour tout à fait particulier où une jeune Américaine qui occupe la villa voisine, proposera à Jeanne Bregman de jouer dans un film très spécial…
Ce sera pour elle l’occasion de découvrir une vie qu’elle n’avait jusque-là jamais imaginée, tout un monde. Cinéma, drogue et zombies.

Avec
Nita Klein ( Jeanne Bregman)
India Hair ( Sidney Mercury)
Antoine Sastre ( Vincent Gallatino)
Yvon Martin ( un Syndicaliste acteur de télé-réalité)
Lara Bruhl ( Jennifer Cook)
Rémi Goutalier ( Patrick Merchant-Cazale)
Léo Reynaud ( un Zombie syndicaliste)
Bastien Bouillon ( Lolito)
et
Sophie Bezard , Elodie Vincent, Loic Hourcastagnou, Emilie Chertier, Hermann Marchand, Louis-Marie Audubert, Lionel Mur, Matyas Simon, Mathilde Caupenne, Aurélien Osinski, Stéphane Szestak , Cécile Arnaud, Laurent Gauthier

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