Un éléphant dans la pièce

– Vous y avez cru ? Allez, dites-le, vous y avez cru ?
– Oui. J’y ai cru.
– Vraiment ?
– Oh oui.
Plus tard, Jacques Marchal ajoute ce commentaire : « Elle a cru tout ce récit sur le service public, tout, la légende, la légende au sujet du bien commun, la chose publique, la légende des intérêts de la République, de l’Etat, de la gloire de la République… »
Voilà l’avis de Jacques Marchal, un peu obsédé par les emplois et les fonctions :
– C’est parfois une petite mort en sécurité. Personne ne veut trop insister là. C’est comme un éléphant dans la pièce.
– Pardon ?
– Elephant in the room.
– Qu’est-ce que ça veut dire?
– C’est une expression qui gagne du terrain. Demain vous l’entendrez partout.
– Qu’est-ce que ça veut dire elephant in the room, Jacques ? C’est une expression proche du serpent de mer ?
– Non, l’éléphant dans le salon n’est pas un serpent de mer ni même un effet papillon. The elephant in the room est une expression anglaise aux traductions variables. On en trouve de nombreuses variations comme : éléphant dans la salle, éléphant dans la pièce, éléphant dans le salon, épine dans le pied, façon de faire l’autruche, sujet tabou, ne pas regarder les choses en face, ce dont on ne veut pas parler, ce dont on ne parle pas, les faits cachés que tout le monde connaît, ce que tout le monde veut ignorer, vérité que l’on veut cacher, le non-dit, le gros comme une maison que l’on ne veut pas voir…
– D’accord. J’ai compris.
Barbara Hoffman est maintenant fonctionnaire, elle a réussi son concours pour entrer dans la fiction publique. Elle va rester encore quelques temps, déléguée à la Chambre du Commerce et de l’Industrie.
Jacques Marchal a ajouté que certaines personnes avaient le chic pour trouver des occupations et des tâches qui les détournaient de leurs désirs, qui leur permettaient de se fuir (il a une théorie sur l’auto-fuyard), en prétextant des urgences et des priorités, des devoirs de toutes sortes, des promesses à tenir, en se disant que c’est passager… Or, dans la plupart des cas, cela ne change plus jusqu’à la fin.
Cela fait peur, non ?
Le concours de la fiction publique, quand même, c’est quelque chose.

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