Olivia Comment et Jacques Marchal

Devant nous, en plein air, Olivia Comment déchiffre les sillages blancs des avions qui s’estompent dans le ciel bleu, ciel bleu qui sera bientôt gagné par un nuage.
Elle dit à Jacques Marchal : Donne-moi un peu d’irréel s’il te plaît. Encore un peu d’irréel.
La présentation de la nouvelle collection automne-hiver de masques anti-pollution pour circuler en vélo ne suffit pas à Olivia Comment ni tous les animaux en plastique dispersés dans les quartiers du centre par la société FunFun, spécialisée dans le mobilier urbain à tendance animale.
Olivia Comment a encore besoin de plus d’irréel. Elle supporte de moins en moins bien la réalité.
Elle a des cauchemars de final girl (celle qui s’en sort à la fin du film d’horreur)
Elle cite Gogol, Les Âmes mortes : « Il paraît qu’en Angleterre on a vu sortir de l’eau un poisson qui a dit deux mots dans une langue si étrange que depuis trois ans déjà les savants se penchent sur le problème sans avoir encore rien découvert. » (édition Gallimard, La Pleïade, p573)
Elle raconte aussi son expérience avec Alexandre Gérard qui, après s’être enregistré durant des nuits entières, a traduit les phrases qu’il prononçait. Il s’agissait de langues étrangères.
Je ferme les yeux : Nous traversons les Pyrénées l’hiver, nous sommes dans une roulotte tirée par deux chevaux à travers un bout de nulle part, nous nous arrêtons sous la neige, nous allons chercher du bois mort avant que la neige ne soit trop profonde. Ensuite nous sommes assis près du feu et nous nous racontons des histoires en écoutant le bois crépiter. Je maîtrise ce décrochage personnel.
Près de nous, une espèce de baba qui a laissé tombé toute ses activités lucratives annonce de façon un peu solennelle : « Gagner moins d’argent m’enrichit humainement, me rend plus poli, attentif. Comme si je m’étais mis au régime. Comme si j’éliminais de la mauvaise graisse. »
Est-ce que cet immense nuage noir qui arrive au loin préfigure la menaçante nuit polaire qui descend sur nous, si l’on en croit les avertissements qui pullulent dans les jeux vidéos lugubres ? Ou bien n’est-ce qu’un simple déluge qui va nous inonder durant des jours ? Voilà la question posée.
Merci de m’avoir montré cette fille se moquant de son père dans cet affrontement qui semble l’emporter sur tout autre considération verbale.

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