Jeux vidéos lugubres et morbides

Les scénaristes de la ville luttent contre la déception et le désenchantement, déclarés, par nos experts, menaces de santé publique, atteintes aux droits de la personne, risques majeurs, dangers sociaux. Cette déception et ce désenchantement gagnent chaque jour du terrain et grignotent les ciboulots. On a maintenant dans la ville plusieurs zones désenchantées caractérisées, bien délimitées, toutes truffées de points rouges, de points noirs et de ronds points.
Inspirés par les zones désenchantées caractérisées les thèmes de jeu vidéo ne manquent pas sur le sujet : des univers que les joueurs se construisent et dont ils ne sortent plus, durant des semaines, parfois des mois. Ainsi, parmi les nouveautés, les ambiances naturelles créees par certaines personnes qui se fréquentent depuis de longues années en se haïssant secrètement (sur le modèle volcan qui couve). La haine inconsciente est devenue aussi à la mode que les drones ou les amants éternels qui se souviennent du vingtième siècle mais aussi du dix-neuvième et du dix-huitième.
Jacques Marchal s’étonne que je n’aie aucune carte de visite ni sur papier ni électronique.
– Donner sa carte de visite est pourtant un bon moyen de se débarrasser des gens.
Nous avons joué au jeu de la philanthropie.
Une nouvelle association m’a étonné pour son entrain et sa détermination. C’est une association de gens pauvres qui récoltent des fonds pour les grands entrepreneurs philanthropes au cas où ceux-ci se retrouveraient ruinés, pour pouvoir leur donner un coup de main au cas où, un signe de reconnaissance. Ça marche très bien. On peut donner à partir de cinq centimes, devenir membre bienfaiteur avec un euro. C’est le parachute doré offert aux riches par les pauvres, ce fut toujours le cas mais là c’est dit, c’est offert, c’est généreux. Mesdames et messieurs un euro pour les dirigeants.

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