Encore marcheur de nuit

Pour ne pas perdre la main, en ce début d’année, j’ai repris la marche à pied.
Après avoir hésité quelques mois, j’ai repris la marche à pied en ville, la nuit, avec la communauté.
J’ai retrouvé avec plaisir cette thérapie mise au point par Mlle Piedtenu, souvent pratiquée l’an dernier dans Notre-Ville, pratique nocturne excellente pour l’ouverture et les associations d’idées, un space cake naturel.
D’après les membres du groupe il est assez difficile de lâcher l’affaire et de s’en passer définitivement. Quand on a commencé à y prendre goût une fois, on y revient toujours.
Le retour chez les marcheurs de nuit s’est fait à la façon d’une décision de début d’année, une résolution : Allez, maintenant, tu retrouves les marcheurs de nuit que tu avais un peu abandonnés ces derniers mois. Il faudra bien un jour que tu arrêtes d’être un champion en abandon de résolution, un as pour remettre à plus tard, un virtuose pour reporter, un maître du dicton « Ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le surlendemain ».
Pour ne pas perdre la main de l’arpentage nocturne, ce magnifique accélérateur de pensées dans Notre-Ville, j’ai retrouvé les marcheurs de nuit, tous ensemble réunis pour fouiner dans la géographie et le présent, dans le passé aussi.
Plus il y a de futur, plus il y a de passé.
Avec en introduction, comme un signal de départ, de mise en route, la musique lancinante Vents, pluies, tonnerres et sonneries de téléphone. Deux nuits par semaine nous marchons et nous arrêtons deux ou trois fois, pour manger, boire, et surtout parler.
Le plus souvent nous sommes six personnes, six silhouettes dans la nuit qui avancent et progressent de quartier en quartier, sans parcours pré-établi.
Quand nous marchons, le plus souvent en file indienne, notre consigne est de parler le moins possible et cela pour créer une poche de désir ; une poche de désir que nous apprécions durant les pauses.
Contrairement à ce que disent les détracteurs nous ne sommes pas enfermés en nous-mêmes.
Nous sommes de grands amateurs de plein air.
Au fil des pauses et des marches, nous connaissons tous, à un moment ou à un autre, le face-hook (ce n’est pas un réseau social), ce souvenir qui nous saute à la figure et s’accroche s’y fort que nous ne pouvons l’éviter ; ce souvenir dont nous ne pouvons empêcher la fixation quelques minutes, quelques heures.
La musique qui nous accompagne le plus est celle de Bibi Tanga et du professeur inlassable : Talking nigga brothaz.

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