Deux façons de vivre

Suite au débat du Pico Pico sur les routines si défendues par Roland Barthes, Jacques Marchal, Laura Yun et Olivia Comment tombent d’accord et s’entendent pour dire qu’il n’y a pas trente-six façons de durer : Dans l’angoisse ordonnée ou bien dans l’angoisse désordonnée. Il n’y a pas d’autres solutions selon Jacques Marchal, Laura Yun et Olivia Comment.
Comme le disent les lettres au néon près du Pico Pico : There is no alternative. On vit dans un cadre précis ou dans l’impossibilité de supporter un cadre.
Autrement formulé : Avec scénario ou sans scénario. Dans la résignation ou la souffrance. Soit dans l’angoisse de l’ordre soit dans l’angoisse du désordre. Le désir de contrôler ce qui arrive ou pas.
Comme ces débats sont vains, dit le barman, servant de nouveaux cocktails ou la fameuse, si recherchée, Tequila Zombie.
Pourtant, au comptoir, devant le barman, cette fille est stupéfaite d’apprendre que, chaque été depuis des années, lorsque ce garçon va à la plage (si le temps le permet) c’est de dix heures à midi, pas plus, pas moins.
Le garçon, lui, est surpris d’apprendre que lorsque cette fille va à la plage c’est à n’importe quelle heure et qu’elle peut n’y rester que cinq minutes.
Pourtant, à l’étonnement du barman, il y a un fait objectif sur lequel tous les deux (probablement dans le commerce) tombent d’accord : les clients qui ont acheté les articles Guerre et Paix de Tolstoï et Crime et Châtiment de Dostoievski ces jours de froid ont acheté aussi le Nez de Gogol et le Château de Kafka et les clients qui ont placé dans leur panier le Nez de Gogol et le Château de Kafka ont transporté aussi La Maison des Feuilles de Danielewski et le Journal de Witold Gombrowicz et ceux qui ont acheté La Maison des Feuilles de Danielewski et le Journal de Witold Gombrowicz ont acheté en même temps le film Journal d’une Femme de Chambre de Luis Bunuel et Internet rend-il bête de Nicholas Carr et ceux qui ont acheté le Journal d’une Femme de Chambre de Luis Bunuel et Internet rend-il bête de Nicholas Carr ont acheté dans la foulée Hecate et les chiens de Paul Morand et Film de Samuel Beckett avec Buster Keaton et ceux qui ont acheté Hecate et les chiens de Paul Morand et Film de Samuel Beckett avec Buster Keaton ont souvent acheté Crime du Cœur et Baby Boom avec Diane Keaton et Catastrophe de Samuel Beckett et aussi La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole et ceux qui ont acheté Crime du Cœur et Baby Boom avec Diane Keaton, La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole et Catastrophe de Samuel Beckett ont acheté la série Catastrophe et On se calme et on boit frais à Saint-Tropez de Max Pecas.
Il y a tout de même des faits et des études qui sont indiscutables. Il suffit de les étudier. On peut déjà commencer par la contemplation de la lune, admirer le tableau de Caspar David Friedrich, réalisé en 1819 et 1820, c’est un bon début, inspirant. Samuel Beckett avait d’ailleurs déclaré :
« This was the source of waiting for Godot, you know. »
(Vous savez, ce fut la source d’En attendant Godot.)
Deux hommes contemplant la lune, Caspar David Friedrich

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