Concours de sauvagerie mélancolique

Pour commencer, une confirmation à votre question : Oui, d’anciens membres de la BAG (Branche Armée des Gueux) sont suivis par des arts thérapeutes de l’Explorateur Club.
Oui, ils sont inscrits à l’atelier d’écriture murale.
Oui, les arts thérapeutes les font participer aussi à des concours de sauvagerie mélancolique.
Non, pas dans les friches.
Plutôt en forêt. Ce sont des concours durant lesquels ils présentent des installations de ruines avec ponts et cascades artificielles.
A l’atelier d’écriture murale est venu aussi un homme très attachant, atteint du syndrome de l’homme des plages. Vous saviez que cela pouvait exister ?
Il est question de l’homme des plages dans le livre de Patrick Modiano, Rue des boutiques obscures. Il fait une brève apparition bien dans l’esprit homme des plages, à la page soixante : « Cet homme avait passé quarante ans de sa vie sur des plages ou au bord des piscines, à deviser aimablement avec des estivants et de riches oisifs. Dans les coins et à l’arrière-plan de milliers de photos de vacances, il figure en maillot de bain au milieu de groupes joyeux mais personne ne pourrait dire son nom ni pourquoi il se trouve là. Et personne ne remarqua qu’un jour il avait disparu des photographies. »
L’efficacité de ces méthodes d’art thérapie est contestée à l’intérieur même de certains services de la santé municipale.
Je connais vos réserves vis-à-vis de ces pratiques thérapeutiques assez sectaires.
Oui, les chasseurs de gourous se sont assez souvent élevés contre les arts thérapeutes qui utilisent les concours de sauvagerie mélancolique en forêt.
Toujours dans la rubrique des thérapies, j’ai visité le monastère de la vie éternelle et, entre nous, je comprends pourquoi c’est un fantasme de cougars : se demander pourquoi tant de beaux jeunes hommes se sont retirés du monde dans des endroits si austères.
A force de voir tant de gens déséquilibrés, appâtés par l’exercice, se réfugier au monastère en espérant y trouver le calme, le repos, la sagesse ou, moins ambitieux, une pause dans leur souffrance, les officiers du monastère (l’abbé en tête) ont décidé d’ouvrir une mini clinique farcie de moines thérapeutes en formation (peinture, dessin, film, écriture, théâtre, musique, pâte à modeler). Une pratique circassienne est envisagée (jongler pour vivre, apprendre à être un clown, l’équilibrisme et la corde raide pour l’attitude et la gestion des budgets, le B.A-ba du trapèze, primordial pour les précaires).
Si l’homme soi-disant Jésus-Christ Junior savait ça.
L’Animation (service de l’animation de la ville) y vient parfois pour y recruter des animateurs artistiques et des médiateurs.
La ville est infestée de médiateurs.

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